Épargne de précaution : combien garder de côté, et où la placer ?

Avant de penser à investir, à préparer sa retraite ou à acheter un bien immobilier, il y a une étape incontournable : se constituer une épargne de précaution. C’est la base de toute stratégie patrimoniale.

Mais combien faut-il garder de côté ? Où placer cet argent ? Et que faire de ce qui dépasse ? Voici les repères que je partage avec mes clients.

La base de la pyramide

J’aime comparer la construction d’un patrimoine à une pyramide. Toute construction solide repose sur une base. Ici, cette base, c’est l’argent disponible immédiatement, qui vous permet de faire face à une dépense imprévue sans vous mettre en difficulté :

  • une voiture qui tombe en panne ;
  • une machine à laver ou une chaudière à remplacer ;
  • une taxe foncière que l’on avait oublié de provisionner ;
  • une baisse de revenus temporaire.

Sans cette base, le moindre imprévu peut obliger à s’endetter ou à vendre un placement au mauvais moment. C’est pourquoi je ne commence jamais à parler d’investissement avec quelqu’un qui n’a pas encore cette sécurité.

Combien garder de côté ?

On entend souvent « trois mois de salaire ». C’est un bon point de départ, mais il n’y a pas de règle universelle. Le bon montant dépend :

  • de vos dépenses mensuelles, plutôt que de votre salaire : c’est ce que vous devez pouvoir couvrir ;
  • de la stabilité de vos revenus : un salarié en CDI n’a pas les mêmes besoins qu’un indépendant ou qu’un professionnel saisonnier ;
  • de votre situation familiale : enfants à charge, conjoint avec ou sans revenus ;
  • de vos projets à court terme : un achat prévu dans l’année, des travaux ;
  • et de votre sensibilité : certaines personnes se sentent en sécurité avec trois mois de dépenses de côté, d’autres ont besoin d’un ou deux ans d’avance pour être sereines.

Ce dernier point compte autant que les autres. L’objectif de cette épargne, c’est votre tranquillité d’esprit.

Où placer son épargne de précaution ?

Cette épargne doit être disponible à tout moment et sans risque. Elle se place donc naturellement sur des supports comme les livrets réglementés (livret A, LDDS, LEP si vous y avez droit) ou certains comptes d’épargne bancaires.

Ces livrets rapportent peu, souvent moins que l’inflation. Mais ce n’est pas grave : leur rôle n’est pas de vous enrichir, c’est de vous sécuriser.

L’erreur fréquente : continuer à accumuler

Une fois l’épargne de précaution constituée, beaucoup de personnes continuent à remplir leurs livrets, par habitude ou parce qu’elles ne savent pas quoi faire d’autre. Résultat : des sommes importantes dorment sur des supports qui ne rapportent presque rien, année après année.

Prenons un exemple simple. Si vous avez besoin de 5 000 € pour vous sentir en sécurité, mais que vous en avez 15 000 sur vos livrets, ce sont 10 000 € qui pourraient travailler autrement, au service de vos projets de moyen et long terme.

Et ensuite ?

Une fois la base de la pyramide solide, vous pouvez construire les étages suivants :

  • les projets à moyen terme (achat immobilier, études des enfants, projet personnel), avec des supports adaptés à leur horizon ;
  • les projets à long terme (retraite, transmission), qui peuvent supporter davantage de risque en contrepartie d’un meilleur potentiel de rendement.

Chaque étage a son horizon, son niveau de risque et ses supports. C’est tout l’objet d’une stratégie patrimoniale. Pour en savoir plus : Investir et financer vos projets.

En résumé

  • L’épargne de précaution est la base de votre patrimoine : elle doit être disponible et sans risque.
  • Son montant dépend de vos dépenses, de la stabilité de vos revenus et de votre sensibilité.
  • Au-delà de ce montant, continuer à accumuler sur des livrets n’a plus vraiment d’intérêt.

Vous ne savez pas si votre épargne de précaution est bien dimensionnée, ou quoi faire de ce qui dépasse ? Mes rendez-vous patrimoniaux vous sont offerts : faisons le point ensemble.

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les investissements comportent des risques, notamment de perte en capital.