En Cerdagne et dans le Capcir, le tourisme fait vivre une grande partie de l’économie locale. Moniteurs, commerçants, restaurateurs, loueurs de matériel, propriétaires de gîtes ou de meublés : beaucoup de professionnels travaillent au rythme des saisons, avec des périodes très intenses et d’autres beaucoup plus calmes.
Cette réalité a des conséquences directes sur la façon de gérer son argent et de construire son patrimoine. Voici les points sur lesquels j’accompagne le plus souvent les professionnels du tourisme.
Lisser des revenus saisonniers
Quand l’essentiel du chiffre d’affaires se réalise sur quelques mois, l’enjeu numéro un est de tenir toute l’année. Les recettes de la haute saison doivent couvrir les charges personnelles et professionnelles des mois plus calmes.
Quelques réflexes simples :
- calculer ses besoins annuels plutôt que mensuels, puis répartir ses revenus sur douze mois ;
- se verser une rémunération régulière, plutôt que de puiser au fil de l’eau dans la trésorerie de l’activité ;
- mettre de côté dès les premiers bons mois de la saison, pour ne pas être pris de court en intersaison.
Une épargne de précaution plus solide
Pour un salarié, on conseille souvent de garder quelques mois de dépenses de côté. Pour un professionnel saisonnier, ce matelas doit généralement être plus important. Une saison décevante, un enneigement tardif, une fermeture imprévue ou un problème de santé en pleine saison peuvent peser lourd sur l’année entière.
Cette épargne de précaution, disponible à tout moment, est la base de toute stratégie patrimoniale. Une fois qu’elle est constituée, il devient pertinent de faire travailler le reste.
Faire travailler la trésorerie de l’intersaison
À l’inverse, après une bonne saison, la trésorerie peut rester importante pendant plusieurs mois avant d’être dépensée. Plutôt que de la laisser dormir sur un compte qui ne rapporte rien, une partie peut être placée sur des supports adaptés, en gardant la disponibilité nécessaire pour la saison suivante.
Tout l’enjeu est de bien distinguer ce dont l’activité aura besoin, et quand, de ce qui peut réellement être investi. J’en parle plus en détail sur la page Placer la trésorerie de l’entreprise.
Se protéger, surtout en pleine saison
Pour un professionnel du tourisme, un arrêt de travail n’a pas le même impact selon la période : une blessure en plein hiver peut faire perdre une grande partie des revenus de l’année. Or, à son compte, la couverture sociale est souvent bien plus faible que celle d’un salarié.
Une prévoyance adaptée permet de compenser la perte de revenus en cas d’arrêt de travail, et de protéger sa famille en cas de coup dur. Elle doit être calibrée en tenant compte de la saisonnalité de l’activité. Pour aller plus loin : Protéger le dirigeant et préparer sa retraite.
Investir dans l’immobilier local
Beaucoup de professionnels du tourisme connaissent parfaitement le marché local et envisagent d’investir dans l’immobilier : un appartement en station, un chalet, un gîte. La location saisonnière peut générer des revenus intéressants, mais elle demande de la réflexion :
- la fiscalité des meublés de tourisme a beaucoup évolué ces dernières années, et les règles continuent de changer ;
- les revenus sont eux aussi saisonniers, avec un taux d’occupation qui varie selon les années ;
- la gestion prend du temps : accueil, ménage, entretien, réglementation locale ;
- le financement doit rester compatible avec des revenus irréguliers, ce que les banques regardent de près.
Avant de se lancer, il est utile de vérifier que l’investissement s’inscrit dans une stratégie globale, et pas seulement dans une opportunité du moment. Pour en savoir plus : Investir et financer vos projets.
Bien structurer son activité
EI ou société, micro-entreprise ou régime réel, salaire ou dividendes : la structure de votre activité influence votre fiscalité, votre protection sociale, votre capacité d’emprunt et la suite de votre activité (transmission, revente). Pour une activité saisonnière, ces choix méritent d’être faits en connaissance de cause, idéalement avec votre expert-comptable. Voir aussi : Structurer son entreprise et son patrimoine.
Penser à l’après
Enfin, beaucoup de professionnels du tourisme comptent sur la revente de leur activité ou de leurs biens pour leur retraite. C’est une piste, mais il est risqué de tout miser dessus. Se constituer, en parallèle, une épargne retraite indépendante de l’activité permet de préparer l’avenir plus sereinement. Voir : Préparer sa retraite.
En résumé
Travailler dans le tourisme en montagne, c’est composer avec des revenus irréguliers et une forte exposition aux aléas. Une bonne stratégie patrimoniale repose sur quelques piliers : lisser ses revenus, constituer une épargne de précaution solide, faire travailler sa trésorerie d’intersaison, se protéger et préparer l’avenir.
Vous travaillez dans le tourisme en Cerdagne ou dans le Capcir et souhaitez faire le point ? Mes rendez-vous patrimoniaux vous sont offerts : prenons le temps d’en parler.
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles fiscales et sociales évoluent régulièrement. Les investissements comportent des risques, notamment de perte en capital.
